Le distributeur de journaux chinois

Une page d’album toute simple mais qui peut renforcer nos connaissances sur la poste de L’empire

Aquarelle de distributeur chinois de journaux, XIXe siècle, originale au Musée fédéral postal de Francfort-sur-le-Main

Traduction de l’écrit de l’image:

« Voici un dessin de livreur de journaux chinois.
Il est souvent de la province du Shandong et ouvre un bureau de journal à la capitale.
Tous les suppliques et édits impériaux émanant des provinces sont diffusés par le Cabinet au bureau de journal qui les imprime et les livre aux résidences des fonctionnaires et aux commerces.
Une livraison par jour et payable une fois par mois au livreur de journaux. »

Merci à Nd Tran.

Et voici la légende traduite de l’allemand:

Même dans l’Antiquité, le bureau de poste gouvernemental en Chine, qui servait exclusivement aux besoins impériaux à l’époque de la dynastie Chou (1027 à 256 av. J.-C.), était très bien développé. Des stations de rafraîchissement et de nuit furent installées sur les routes de campagne. Les coursiers pressés pouvaient utiliser une charrette tirée par des chevaux. Dans les dynasties suivantes, le réseau de courriers s’est encore étendu. La vitesse des courriers au Xe siècle après J.-C. fut considérablement améliorée par l’introduction du « maillage volant », qui couvrait environ 250 km en une journée avec un message impérial important accompagné d’un changement de chevaux correspondant. Sous la dynastie Sung (960 à 1279), des courriers étaient engagés moyennant des paiements. Le transport occasionnel de lettres privées n’était plus hors de question. Sous la domination mongole des XIIIe et XIVe siècles, il y avait environ 10 000 postes postaux en Chine, comme le rapporte Marco Polo. 200 000 chevaux étaient disponibles pour le service de coursier. Les messagers montés, qui portaient des ordres impériaux avec eux, devaient changer de cheval particulièrement rapidement. Ils pouvaient être reconnus à un drapeau jaune attaché au col de leur jupe. La nuit, une cloche était accrochée autour du cheval, et un cheval frais était déjà prêt au bureau de poste lorsqu’elle sonnait. Dans les stations postales, les maîtres devaient vérifier les cartes d’identité et papiers des coursiers, noter leurs noms, leur fournir de la nourriture et délivrer de nouveaux laissez-passer. L’agent de coursier, qui devait généralement marcher aux côtés du coursier monté, devait ramener le cheval de relais et le laissez-passer depuis la dernière station.

Sous la dynastie Tsing (1644 à 1912), il existait deux services postaux : le courrier pour le transport des lettres ordinaires des autorités et le courrier express. Cela s’étendait à l’ensemble du territoire du pays et, en 1878, comprenait un total de 1973 bureaux de courrier express. Leurs messagers à cheval parcoururent environ 3000 km avec un changement de cheval.

Nouvel An chinois 2027 : le timbre chinois de la Chèvre reste à dessiner, et l’IA en est exclue

China Post a mis au concours, du 20 avril au 30 juin 2026, le dessin du timbre qui paraîtra pour l’année de la Chèvre. N’importe qui pouvait concourir ; l’intelligence artificielle, non. Ce timbre fermera la quatrième série du zodiaque, ouverte en 2016 — et ailleurs dans le monde, seuls les États-Unis ont déjà écrit le nom de l’animal.

Le timbre chinois du Nouvel An de la Chèvre paraîtra début janvier 2027, et à l’heure où nous écrivons personne ne sait à quoi il ressemblera — pas même China Post. Le 20 avril 2026, la poste chinoise a ouvert un concours public pour le dessiner ; il s’est refermé le 30 juin, et le lauréat n’a pas été annoncé.

Deux timbres, 1,20 yuan, 36 millimètres de côté
L’avis de China Post est précis sur l’objet et muet sur le reste. Le timbre s’appellera 《丁未年》 (dīngwèi nián), du nom du binôme sexagésimal de l’année ; il y en aura deux dans la série, chacun d’une valeur faciale de 1,20 yuan, au format carré de 36 × 36 millimètres. C’est le format de la série depuis des années, et la même faciale que portait le timbre de la Chèvre de 2015, dont nous rendions compte à sa sortie.

Le dessin original devait être remis à une échelle de quatre à six fois celle du timbre — de 144 à 216 millimètres de côté —, à la main ou à l’écran, en 300 points par pouce. Chaque candidat pouvait déposer deux projets au maximum. Le dépôt était gratuit.

« Dépasser l’apparence naturelle de l’animal »
Le cahier des charges est la partie intéressante, parce qu’il dit ce que l’État chinois attend d’une image du zodiaque. Il s’ouvre sur une définition : « 羊, depuis l’antiquité bête de bon augure, porte la vertu de douceur et de docilité ; il symbolise la paix du pays et l’abondance des années. » Puis il donne une consigne qui est presque une interdiction : « cette création doit dépasser l’apparence naturelle de l’animal du zodiaque et exprimer, par l’invention et le dessin, le noyau spirituel du signe », en y intégrant « les motifs de bon augure et les symboles classiques de la culture chinoise ».

Les deux timbres n’ont pas le même sujet, et la répartition est la signature du cycle en cours : le premier montre un seul animal, le second un groupe. Pour le Cheval de 2026, la consigne était identique — un cheval, puis deux ou plus. Les techniques admises sont la peinture décorative, le xiaoxieyi — le « petit style libre » de la peinture lettrée — ou l’illustration.

Une ligne du règlement : pas d’intelligence artificielle
Le point le plus inattendu tient en dix caractères, à l’article consacré au droit d’auteur : « 不得采用生成式人工智能方式创作 » — il est interdit de créer par intelligence artificielle générative. Et l’avis y revient dans ses « remarques particulières », en plus large : il est « strictement interdit de recourir à un logiciel, un programme ou une technique d’IA pour engendrer, assister la conception, modifier le contenu ou participer à la création ». La sanction est écrite : disqualification, et retrait du prix s’il a déjà été attribué.

La raison n’est pas décorative. Le lauréat cède à China Post la propriété et les droits de son dessin, mais il conserve le droit d’être nommé : la poste s’engage à le citer dans l’avis d’émission du timbre. Un timbre est un objet d’État qui porte une signature ; il faut donc qu’il y ait quelqu’un à signer. Le règlement impose d’ailleurs le secret aux candidats jusqu’au jour de l’émission — ce qui explique qu’aucune image ne circule.

Le dernier d’un cycle de douze
Ce timbre n’est pas un timbre parmi d’autres : il ferme la quatrième série du zodiaque. La première avait commencé en 1980 avec le fameux 《庚申年》, le timbre du Singe ; depuis, China Post en émet un chaque année, sans interruption — quarante-six ans de suite au moment du Cheval. Les séries s’ouvrent toujours sur une année du Singe : la quatrième a débuté en 2016 et s’achèvera donc avec la Chèvre de 2027.

La planche de référence jointe à l’avis montre les onze émissions déjà parues, avec le nom de leurs dessinateurs. On y lit une continuité que le grand public ignore : Huang Yongyu a ouvert le cycle avec le Singe de 2016 et y est revenu pour le Lapin de 2023 ; Han Meilin en a signé trois — le Coq de 2017, le Cochon de 2019, le Rat de 2020. Jusqu’en 2025, ces dessins étaient commandés à des artistes invités.

Source Chine Information

Le jardin de la Forêt des lions refleurit grâce à de nouveaux timbres-poste

En 1917, le prospère marchand Bei Runsheng fit l’acquisition d’un jardin abandonné à Suzhou, dans la province du Jiangsu. Au cours des neuf années suivantes, il consacra beaucoup de temps et de ressources à la restauration de cette propriété — le Shizilin, ou « Jardin de la Forêt des Lions », construit à l’origine au XIVe siècle — lui offrant une métamorphose somptueuse grâce à l’ajout de nouvelles structures architecturales et d’éléments décoratifs.

Cette élégante demeure, un jardin résidentiel chinois classique empreint d’influences occidentales, devint un lieu de rassemblement pour la vaste famille Bei, dont faisait partie I.M. Pei, petit-fils de Bei Litai (le frère aîné de Bei Runsheng). L’architecte de renommée mondiale évoquera plus tard son enfance au Shizilin, affirmant que l’agencement et l’atmosphère du lieu avaient profondément marqué son « caractère chinois » et inspiré certaines de ses œuvres, notamment le musée de Suzhou, qu’il a conçu pour la ville d’origine de sa famille.

Aujourd’hui, le Shizilin demeure l’une des attractions les plus célèbres de Suzhou et un magnifique exemple de jardin privé classique chinois, rivalisant avec les prestigieux jardins impériaux du pays. Son paysage savamment orchestré mêle harmonieusement rocailles aux formes fantastiques, plans d’eau, pavillons, fleurs et arbres en un tout cohérent.

China Post a récemment émis une série de quatre timbres, chacun illustrant une scène emblématique du jardin Shizilin afin de célébrer sa richesse artistique et la profondeur de la tradition culturelle chinoise. Le premier représente le pavillon Yanyu — ou « Pavillon de l’Harmonie et du Bonheur » —, le plus vaste du jardin, où les anciens propriétaires accueillaient leurs invités et organisaient des rencontres culturelles. Le deuxième met en scène les formations rocheuses aux formes sinueuses qui ont donné son nom au Shizilin ; leurs pierres escarpées et patinées par le temps s’élèvent en pics évoquant, vus de loin, des lions espiègles.

Le troisième timbre dépeint le pavillon du Milieu du Lac et le pavillon du Vrai Plaisir, dont l’agencement crée l’une des perspectives les plus pittoresques et les plus riches en profondeur du jardin. Le quatrième évoque l’atmosphère méditative et zen du Wenmei Ge (le « Pavillon de la Question au Prunier »), perché sur une hauteur dans la partie occidentale du jardin. Entouré de pruniers florissants, ce pavillon incarne la fusion entre la philosophie zen et l’esthétique raffinée de la culture des lettrés chinois.

Les jardins classiques de Suzhou associent montagnes, eau, végétation et architecture pour créer non seulement des paysages physiques captivants, mais aussi des espaces spirituels riches en symbolisme, reflétant l’esthétique et les idéaux philosophiques chinois. Bon nombre de ces principes de conception ont été intégrés par I.M. Pei dans le musée de Suzhou, devenu aujourd’hui l’un des monuments emblématiques de la ville.

[Photo et texte de chinadaily.com.cn]